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Le 45e Président des États-Unis Donald Trump a été acquitté, samedi 13 février, au terme de ce que l’on pourrait appeler un « procès historique ».

Celui qui a laissé sa place au démocrate Joe Biden a été accusé d’ « incitation à l’insurrection », après l’assaut du Capitole ayant eu lieu le 6 janvier. L’issue de son procès est qualifiée d’historique car, en deux procédures de destitution à son encontre, il sera acquitté à chaque fois. Cinquante-sept sénateurs l’ont reconnu coupable, mais quarante-trois autres n’étaient pas de cet avis. La condamnation par deux tiers n’a donc pas été opérée.

Son (ancien) compte Twitter faisant office de preuve, n’aura vraisemblablement pas été suffisant pour le déclarer pleinement responsable de ces malheureux événements, durant lesquels cinq personnes ont perdu la vie. « Il n’y a aucun doute, aucun, que le président Trump est, dans les faits et moralement, responsable d’avoir provoqué les événements de cette journée », déclarait le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell. Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a qualifié le vote d’acquittement de Donald Trump de « jour d’infamie dans l’histoire du Sénat ». Du côté démocrate, l’inéligibilité du républicain aux prochaines élections était l’objectif. Ce dernier s’est exprimé, après l’issue qui lui était favorable de son procès : « Notre mouvement magnifique, historique et patriotique, “Make America Great Again”, ne fait que commencer. Dans les mois à venir, j’aurai beaucoup de choses à partager avec vous et suis impatient de continuer notre incroyable aventure ».

L’ex-président compte bien maintenir ses idées et projets pour les États-Unis. L’ « aventure » qu’il mentionne semble loin d’être finie, à en croire ses mots.

La fascination face au chaos

Après les résultats finaux de la récente élection présidentielle américaine, Donald Trump et ses partisans ont vécu leur défaite comme une injustice. Leur schéma de pensée était déjà tout tracé : nier, s’insurger, gagner ? Donald Trump a assisté aux événements du 6 janvier le sourire aux lèvres, vécus par les démocrates comme un coup d’état planifié.

L’homme qui avait appelé ses semblables à « se battre comme des diables » a été défendu par la liberté d’expression, selon ses avocats, qui assurent que les émeutiers ont agi de leur propre chef, sous aucune influence. Une incitation à la haine protégée par la liberté d’expression, pour tous les républicains, qui ne devrait pas l’être selon les démocrates. La liberté d’expression et d’opinion protège la pensée, quelle qu’elle soit. Cependant, cette semblable incitation à la haine ne devrait pas être tolérée, pour les démocrates. 

Le nouveau président des États-Unis est revenu sur certaines décisions prises par Donald Trump, et semble avoir une approche plus délicate pour ce qui est de la crise sanitaire.

Quel avenir pour Donald Trump ?

L’ex-président des États-Unis semble n’être qu’au début de son plan d’action. À en croire ses paroles, il compte plus que jamais sur ses partisans pour continuer à le soutenir, pointant une « chasse aux sorcières » qui n’est pas encore terminée. Il se pose en martyr, visé par la gauche et la presse de manière injuste.

Les États-Unis sont loins d’être débarrassés de celui qui a quitté la Maison Blanche le 20 janvier, et Joe Biden continue de s’en méfier : « Ce triste chapitre de notre histoire nous a rappelé que la démocratie est fragile. Qu’elle doit toujours être défendue. Que nous devons toujours rester vigilants ».

Si le compte Twitter du 45e président américain a été désactivé, il fédère toujours ses partisans bien qu’ayant partiellement disparu de la scène politique. Son clan poursuit son œuvre, et continue d’exécuter son schéma de pensée. Les manifestations d’opinions en faveur de Donald Trump en sont l’image parfaite : bien que l’élection ait été doutée puis confirmée, la position du clan Trumpiste est restée la même, à camper en-dessous du nuage de déni qui le caractérise depuis les recomptes.

Les 41,7 millions de personnes qui suivaient M. Trump sur Twitter trouveront bien de quoi suivre ses initiatives.

Jeudi 25 février, Joe Biden entreprenait sa première opération militaire depuis sa nomination. Les États-Unis ont frappé des infrastructures utilisées par des milices pro-iraniennes en Syrie, ce qui serait une réponse aux récentes attaques contre des intérêts occidentaux en Irak. Ce fait pousserait presque à dire que, Donald Trump était un président de paix, tandis que son successeur envoie ce que l’on pourrait appeler « un message de force ». 

Bien qu’il se soit exprimé quant à la continuité de ses actions, M. Trump reste flou par rapport à la manière dont il envisage son avenir politique. À la suite des événements du Capitole et de son mandat mouvementé, la marque Trump a subi un coup d’arrêt, et nombre d’entreprises ont souhaité couper les ponts afin d’assainir leur image.

L’idée de la création d’un nouveau parti de centre-droit a fait son apparition dans l’esprit de centaines d’anciens responsables américains, parti qui rassemblerait les républicains ayant une vision nettement différente de celle que miroite Donald Trump.