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A Paris, Lyon, Toulouse, Villeurbanne ou bien même Besançon, les hostilités partisanes des partis de gauche ont été mises au placard. Les alliances entre LFI, PCF, PS & EELV se multiplient et cette stratégie pourrait bien porter ses fruits. 

Depuis plusieurs jours des images affluent sur les réseaux sociaux. Comme à Toulouse par exemple, où l’on a pu retrouver Ian Brossat (Porte-parole du Parti communiste français) accompagné de Clémentine Autain (Député de La France insoumise) et des anciens candidats à la présidentielle, Benoit Hamon (apparenté PS) et Noël Mamère (apparenté écolo), se balader dans les rues de la ville rose pour apporter leur soutien au candidat d’Archipel citoyen, Antoine Maurice. Cette démonstration de force montre une gauche unie, loin derrière les “guéguerres” que l’on a l’habitude de connaitre. 

A Paris, David Belliard candidat EELV ayant fini 4ème au 1er tour, s’est rallié le 2 juin dernier à Anne Hidalgo la maire sortante socialiste. Pas étonnant, alors que les deux formations siègent ensemble au Conseil de Paris depuis presque 20 ans. EELV espérait une vague verte à Paris, comme elle a pu avoir lieu dans d’autres grandes villes telles que Lyon ou Toulouse, mais c’était sans compter sur la popularité de la maire sortante auprès des électeurs de gauche. La liste LFI de Danielle Simonet n’a rassemblé que 4,59% des voix, et celle de David Belliard 10,79%. Anne HIdalgo est donc favorite dans la triangulaire qui l’oppose à Rachida Dati et Agnès Buzyn (respectivement 22,72% et 17,26% au premier tour) qui n’ont pas su trouver d’accord pour faire barrage à la gauche. 

Vers une vague verte ?

L’état d’esprit est similaire dans la deuxième plus grande ville de France, Marseille. Jean Claude Gaudin, qui en est le maire depuis près de 25 ans, va enfin laisser sa place. Sa successeur désignée, Martine Vassal (LR) est embourbée dans une affaire de probables fausses procurations, ce qu’elle nie en bloc. Elle est arrivée deuxième avec 22,32% juste derrière la candidate du Printemps marseillais Michèle Rubirola (ex-EELV) qui a elle recueilli 23,44% des suffrages. C’est donc derrière Michèle Rubirola que l’union de la gauche s’est faite, rassemblant ainsi le PS, EELV, LFI, le PRG, le PCF et Citoyens actifs. Il n’y a qu’une liste qui a réellement fusionné avec elle, la liste EELV de Sebastien Barlès ayant fait 8,94% au premier tour.  Le second tour sera une quadrangulaire entre des candidats issus de l’union de la gauche, des Républicains, du Rassemblement National avec le sénateur Stéphane Ravier, ainsi qu’un dissident LR, Bruno Gilles. Cette quadrangulaire pourrait donc fortement favoriser la gauche marseillaise. 

Samia Ghali, la sénatrice ex-PS des Bouches du Rhône, s’est elle aussi présentée à la mairie de Marseille mais n’a récolté que 6,47% des voix au premier tour. Son rôle pourrait bien être primordial. Un observateur de la vie politique marseillaise affirme à nos confrères de la Dépêche du midi : « Si la bascule à gauche se fait dans les 6e et 8e et que le Printemps marseillais gagne comme prévu les trois secteurs du centre-ville, il ne restera plus qu’à lex-PS Samia Ghali, qui devrait gagner dans les deux arrondissements des quartiers nord (15e et 16e), de jouer le rôle de faiseuse de reine en salliant au troisième tour à Michèle Rubirola »

A Lyon, fief historique de Gérard Collomb, la gauche est aussi en position de force. Les lyonnais votent pour les municipales mais aussi pour les métropolitaines (situation unique en France). Europe-Ecologie-Les-Verts est en tête dans chaque scrutin, avec 28,46% pour Grégory Doucet à la ville et 22,62% à la métropole. La gauche est en bonne voie pour remporter la ville, avec une fusion des listes entre EELV, LFI et le PS (ayant récoltés respectivement 28,46%, 10,07% et 7,01%). Quant à la métropole, LR et LREM se sont alliés afin de faire barrage aux écologistes, mais c’est loin d’être gagné pour le parti présidentiel qui reste bel et bien l’outsider à la mairie comme à la métropole. 

Toute la gauche s’est rassemblée lors de ces élections municipales, chose que l’on n’avait pas vu depuis de nombreuses années. Lionel Jospin par exemple, est sorti à plusieurs reprises de son habituelle réserve, par SMS, pour apporter son soutien public à Anne Hidalgo ou Michèle Rubirola. Assisterons-nous demain à une vague verte et rose ? Il faudra encore attendre 24h pour savoir si ces stratégies ont porté leurs fruits…