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Après quatre années passées sous la main de Donald Trump, les Etats-Unis d’Amérique ont désormais un nouveau président : Joe Biden. Mardi 3 novembre, l’élection présidentielle américaine avait lieu afin d’élire le nouveau président. Il s’agissait de la 59ème élection présidentielle américaine. Retour sur une élection marquée par la crise du Covid-19. 

Après quatre années passées sous la main de Donald Trump, les Etats-Unis d’Amérique ont désormais un nouveau président de la République: Joe Biden. Mardi 3 novembre, l’élection présidentielle américaine avait lieu afin d’élire le nouveau président. Il s’agissait de la 59ème élection présidentielle américaine. Retour sur une élection marquée par la crise du Covid-19. 

Le 18 juin 2019, Donald Trump, alors actuel président américain, lance officiellement sa campagne pour les élections présidentielles de 2020. Environ deux mois plus tôt, le 25 avril, Joe Biden, son futur candidat direct, annonçait lui sa candidature. « Les valeurs fondamentales de cette nation, notre rang dans le monde, notre démocratie même, tout ce qui fait l’Amérique, est en jeu. C’est la raison pour laquelle j’annonce ma candidature à la présidence des Etats-Unis », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur son compte Twitter. Du côté du président sortant, ses rivaux n’ont pas été difficilement évincés, et il a atteint le 17 mars le nombre délégués nécessaires pour être désigné vainqueur des primaires républicaines. Sa campagne a été marqué par un événement marquant: il a été atteint du covid-19. La période des campagnes a été rythmé par cette pandémie du coronavirus. De nombreux meetings ont dû être annulés, et les campagnes de chacun ont été très hachées. Début octobre, Donald Trump a annoncé avoir été contaminé par le coronavirus. Mais cette contamination a laissé ses traces puisque l’ex-président américain a été envoyé à l’hôpital pour un état de santé dégradé.

Privé de déplacement pendant 10 jours, il a retrouvé lundi 12 octobre les estrades de campagne en Floride, assurant être « en pleine forme » à 22 jours de l’élection qui l’opposera à Joe Biden. « Je l’ai eu. Maintenant, ils disent que je suis immunisé. Je me sens si puissant ! » Annonçait-il provocateur et sans modestie, devant une foule enthousiaste dans laquelle peu de personnes portaient des masques. « Je peux marcher dans cette foule […] embrasser tout le monde, embrasser les hommes et les magnifiques femmes », a-t-il ajouté dans les rires. Mais cette atteinte au Covid-19 lui à fait prendre un net retard sur son rival démocrate Joe Biden. Retard que l’ancien locataire de la Maison Blanche espérait combler dans la dernière ligne droite en sillonnant l’Amérique. Affichant une forme indéniable, une semaine après sa sortie de l’hôpital, il a déroulé, dans un discours d’un peu plus d’une heure, tous les « classiques » de sa campagne. Virulentes attaques contre « Hillary (Clinton) la crapule », violentes diatribes contre la presse « corrompue », mises gardes alarmistes contre la « gauche radicale » et « le cauchemar socialiste ». Saluant la foule venue l’écouter, il a ironisé sur l’ancien vice-président démocrate de Barack Obama , qu’il surnomme « Sleepy Joe », assurant qu’il ne rassemblait « presque personne ». Joe Biden n’a participé à aucun grand rassemblement depuis plusieurs mois, mettant en avant la nécessité de respecter les consignes des autorités sanitaires. 

Pour Joe Biden, le combat a été plus difficile pour atteindre la victoire des primaires démocrates car il était principalement opposé à celui qui s’est battu jusqu’au bout de l’investiture démocrate contre Hillary Clinton en 2016: Bernie Sanders. Celui-ci partait donc favori dans la lutte à la présidentielle de 2020. Il promeut la mise en place d’une couverture santé universelle, d’une université publique gratuite ou encore d’un salaire minimum à 15 dollars (13,3 euros). Mais sujet d’inquiétude pour les uns, critique favorite pour les autres: en cas de victoire, Sanders aurait 82 ans à la fin de son mandat en 2024. Bien que Joe Biden ne soit pas beaucoup plus jeune, ce petit détail a peut-être fait changer la balance. Le fait marquant de sa campagne ne le concerne pas lui mais son vice-président, ou en l’occurrence SA vice-présidente. Le 15 mars 2020, il déclare lors d’un débat à huis-clos, qu’il choisira une femme comme candidate à la vice-présidence s’il gagne les primaires. C’est Kamala Harris qui a donc été choisie et qui est désormais la 49ème vice-présidente des Etats-Unis d’Amérique.

La vice-présidente élue Kamala Harris prend la parole après que le président élu Joe Biden au Queen Theatre le 23 décembre 2020 à Wilmington, Delaware. AFP

Elle devient donc la première femme noire élue vice-présidente aux Etats-Unis. Le 15 avril, en pleine campagne présidentielle, il est à nouveau accusé de harcèlement sexuel par l’une de ses anciennes assistantes qui a travaillé pour lui au Sénat entre 1992 et 1993. Toute l’équipe dément les accusations. Il reçoit le soutien de Barack Obama et d’Hillary Clinton les 14 et 28 avril 2020. Sa campagne est fondée sur la conviction que l’électorat démocrate n’est pas aussi jeune et autant à gauche qu’il le paraît. Plusieurs conseillers de Biden, dont la théorie serait basée sur des résultats de sondages et des tendances de vote, affirment que les médias donnent une image hyper-progressiste de l’électorat démocrate, loin du profil du sympathisant démocrate moyen. 

Au final, le Parti démocrate a totalisé 306 grands électeurs, largement nécessaires à sa victoire finale. Mais Donald Trump, qui comptait officiellement 232 grands électeurs, ne s’est pas avoué vaincu si facilement. Après l’annonce de sa défaite, il a demandé à de nombreuses reprises le recomptage des votes afin d’être sûr de sa défaite. Il est même allé jusqu’à payer 3 millions de dollars pour faire recompter les votes dans le Wisconsin, l’un des Swing States. Biden, qui a été déclaré vainqueur avec 49,6% des votes, soit 1 630 673 voix. Ddonald Trump avait lui recueilli 48,9% des suffrages, avec 1 610 065 voix. Une mince différence dans un Etat très important pour la victoire finale.  Il n’a cessé de répéter qu’il contestait cette victoire de Joe Biden, notamment sur Twitter. Il a promis qu’il utiliserait tout les recours juridiques pour contester la victoire de Biden. Dans la plupart des Etats où il a demandé un recomptage, il a réussi à gagner quelques voix. Malheureusement pour lui, cela n’a pas suffit à le faire remporter les élections. Même si l’écart avait été encore plus important, il aurait tout de même demandé un recomptage. Quoi qu’il en soit, cette campagne électorale et ces élections présidentielles américaines de 2020 marqueront à jamais l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, que ce soit en bien ou en mal. Désormais Joe Biden doit attendre son investiture le 20 janvier afin de pouvoir réellement démarrer son mandat.