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L’année 2020 aura été spéciale de tout son long, ou presque. Le coronavirus arrivait en France, et s’en suivait le premier confinement pour l’hexagone, le 17 mars.

Le 17 mars résonnait comme un coup d’arrêt pour les Français. Leurs déplacements devant être justifiés, plus de 100.000 gendarmes et policiers patrouillant pour punir leurs infractions. Cet arrêt signifiait le report du second tour des municipales, et la suspension des réformes.

La France était à l’arrêt, causant un vide social, encore présent aujourd’hui. Un manque social est souvent synonyme de trouble mental, déréglant les habitudes même les plus insignifiantes. Les confinements, problèmes dûs au travail, amincissements des revenus, un tout qui, selon les traits psychologiques, peut moralement profondément blesser, et laisser fleurir des problèmes qui ne verront jamais de solution.

Il semble inconcevable de commencer l’année 2021 sans reconnaître l’importance du secteur de la santé mentale, à l’heure où le moral des Français est au plus bas. Cette année pourrait creuser les plaies psychologiques encore plus, d’autant que le « retour à la normale » ne marquerait probablement pas la fin des maux psychologiques. Les neurotoxines présentes à l’activation immunitaire seraient à l’origine de ces troubles mentaux.

Des symptômes psychotiques apparaissent chez un faible pourcentage des patients Covid, et ce partout dans le monde, tandis que la plupart d’entre eux n’avait aucun antécédent de maladie mentale. Une étude britannique sur les complications neurologiques ou psychiatriques a révélé que 10 patients sur 153 connaissaient une « psychose nouvellement apparue ».

La santé mentale oubliée ?

C’est ce que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a tenté de comprendre. D’après eux, le secteur de la santé mentale devrait devenir une problématique de premier plan.

Le 5 octobre, lors d’une conférence de presse virtuelle, Devora Kestel, directrice de l’OMS en charge de la santé mentale, a qualifié cette dernière d’ »aspect oublié de la Covid-19« .

En effet, les secteurs économiques paraissent occuper une place plus importante que celle de la santé mentale des Français. Le confinement n’a généralement pas agréablement été vécu par ces derniers, et les mesures qui se profilent à l’horizon ne manqueront pas d’aggraver les conséquences créées par les précédentes.

L’OMS, lors d’une enquête menée à travers le monde, a conclu que 93 pays sur 130 faisaient état de graves perturbations dans les services spécialisés de la santé mentale depuis le début de l’épidémie. Les blocs spécialisés en santé mentale ont connu un afflux de patients à ce moment. Devora Kestel explique que « le deuil, l’isolation, la perte de revenus et la peur ont déclenché des problèmes de santé mentale ou exacerbé ceux déjà existants », elle a également demandé par la suite à ce que des fonds soient alloués à ce secteur. La problématique des conséquences morales de la pandémie n’a été creusée que quelques mois après celle des conséquences physiques. D’après Claire, interne à l’hôpital psychiatrique Charles Perrens de Bordeaux, elle a, après le début de l’épidémie accueilli encore d’anciens patients, mais aussi de nouveaux.

La Journée mondiale de la santé mentale a été célébrée le 10 octobre pour souligner la nécessité urgente d’investir davantage dans ce secteur trop facilement oublié, voire invisibilisé. L’événement à but sensibilisant a réuni des dirigeants mondiaux, des célébrités et des militants pour défendre la mise au premier plan des secteurs de la santé mentale à l’heure de la Covid-19. Avant la pandémie, les pays consacraient moins de 2% de leur budget dédié à la santé à la santé mentale, ce qui illustre un oubli de ce secteur.