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Lundi 4 janvier au soir, Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni, a annoncé lors d’un discours le reconfinement total de l’Angleterre, et ce jusque début mars à minima. Avec plus de 75 000 morts, le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus endeuillés par le Covid-19, et la tendance s’est aggravée ces dernières semaines à cause de la propagation alarmante du nouveau variant du coronavirus.

Les Anglais vont, plus que jamais, devoir s’armer de patience. Confronté à l’accélération de la propagation du virus à cause du nouveau variant, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi dernier au soir le reconfinement de l’Angleterre. Il y a deux mois, l’Angleterre était dans une situation de semi-confinement, étant donné que le plus haut niveau de restriction était imposé. Presque tout était fermé, y compris les frontières entre les pays du Royaume-Uni.

80% de la population était touchée par ces restrictions mais, malheureusement, cela n’a pas suffit à enrayer la propagation du nouveau variant, qui a désormais touché plusieurs autres pays du monde. Celui-ci est 50 à 70% plus contagieux selon les scientifiques britanniques, a souligné le chef du gouvernement conservateur lors d’une allocution télévisée. Si les Anglais pensaient être touchés au maximum dès la première vague, ils sont loin du compte ! Dans les hôpitaux anglais, le nombre de patients atteints par le virus, près de 27 000, a « augmenté de près d’un tiers » en une semaine et dépasse de 40% le plus haut du pic de la première vague, a-t-il souligné.

« Il est clair que nous devons faire plus » pour « prendre le contrôle du nouveau variant. Nous devons ainsi entrer dans un confinement national qui soit assez fort pour maitriser ce variant », a déclaré celui que l’on surnomme « BoJo ». Comme durant le premier confinement au printemps et contrairement au semi-confinement en novembre, les écoles ont été fermées et sont passées à l’enseignement à distance dès mardi dernier. Même si le confinement devait entrer en vigueur ce mercredi 13 janvier à minuit et une minute, Boris Johnson a appelé la population à suivre les règles dès le jour de l’annonce. Au départ, ce nouveau confinement était censé s’achever mi-février au plus tard mais mardi dernier, un ministre du gouvernement britannique a annoncé que la levée de ce confinement ne se fera qu’à partir de début mars. A ce moment là, Boris Johnson espère que tous les plus de 70 ans seront vaccinés grâce à l’accélération de la campagne lancée le 8 décembre et désormais menée avec deux vaccins, celui de Pfizer/BioNTech et celui d’AstraZeneca/Oxford. 

Avec plus de 75 000 morts, le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus touchés par le Covid-19, et la tendance s’est aggravée ces dernières semaines. Le bilan des contaminations publié chaque jour dépasse les 50 000, et tutoyait même les 59 000 lundi. De son côté, l’Ecosse avait d’ores et déjà annoncé un confinement total dès lundi soir pour tout le mois de janvier, comprenant les écoles. « A partir de minuit et pour tout janvier, vous serez légalement tenus de rester à la maison », a annoncé la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, invoquant un « coup dur » dû au nouveau « variant du virus qui se propage rapidement ». L’Irlande du Nord pourrait suivre tandis que le Pays de Galles a déjà annoncé la fermeture des écoles jusqu’au 18 janvier.

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, tient un briefing sur l’épidémie de nouveau coronavirus COVID-19 à Édimbourg le 26 mars 2020, alors que la Grande-Bretagne vit sous clé, sa population rejoignant environ 1,7 milliard de personnes dans le monde et a reçu l’ordre de rester à l’intérieur pour freiner la crise. « accélération » de la propagation du coronavirus. ANDY BUCHANAN / PISCINE / AFP

Etant donné que quasiment tout le Royaume-Uni est au plus haut niveau d’alerte sanitaire, les responsables des autorités de santé ont prévenu qu’il existait un « risque important dans plusieurs régions » que le système public de santé, le NHS, soit « submergé au cours des vingt et un prochains jours » en l’absence d’intervention adéquate. Critiqué pour ses hésitations et revirements d’opinion dans la gestion de la crise, le gouvernement a redoublé d’efforts sur le front de la vaccination. La campagne lancée dès le 8 décembre avec le vaccin de Pfizer/BioNTech (plus d’un million de personnes l’ont reçu) va pouvoir s’accélérer avec le début de la distribution lundi de celui mis au point par le laboratoire AstraZeneca avec l’université anglaise d’Oxford. Lundi matin, Brian Pinker, 82 ans, est devenu le premier patient à recevoir le vaccin britannique, injecté par l’infirmière en chef de l’hôpital Churchill de l’université d’Oxford.

Le gouvernement a commandé 100 millions de doses, dont plus de 500 000 déjà prêtes, et qui permettront encore d’accélérer la campagne. L’arrivée d’AstraZeneca/Oxford représente « un tournant dans notre combat contre cet horrible virus », a salué le ministre de la santé, Matthew Hancock, souhaitant « qu’il redonne à tout le monde l’espoir que la fin de cette pandémie soit en vue ». Le vaccin anglais était approuvé et très attendu par l’Argentine et l’Inde notamment. Peu cher (environ 2,70 euros par dose, contre une douzaine pour Pfizer/BioNTech), il présente l’avantage de pouvoir être conservé à la température d’un réfrigérateur, soit entre deux et huit degrés Celsius, alors que le vaccin américain ne peut se conserver qu’à partir de -70°C, ce qui ne facilite absolument pas une vaccination à grande échelle. 

Le vaccin d’AstraZeneca sera distribué en priorité aux catégories à risque, qui représente 99% des décès : résidents de maisons de retraite, soignants, personnes âgées de plus de 50 ans. Pour accélérer l’administration d’une première dose à une population la plus nombreuse possible, les deux doses seront espacées considérablement, jusqu’à douze semaines, période pendant laquelle les personnes ayant reçu la première dose seront protégées. Cette méthode permettra sûrement de faciliter au maximum la remontée au niveau sanitaire du pays. Et le reconfinement total de l’Angleterre va aussi sûrement aider le pays à revenir à la normale rapidement. Néanmoins, au niveau économique, ce nouveau confinement ne va rien arranger, et c’est peu de le dire. En France, on sait que les commerces, bars, restaurants, et activités comme les cinémas ont été très affectés par l’épidémie, et c’est encore le cas. Outre-Manche, la situation est assez similaire, et ce troisième confinement empire même la situation comparé à celle de la France. 

Depuis le 31 décembre, le Royaume-Uni ne fait plus partie de l’Union européenne. Ce feuilleton, qui dure depuis le référendum de 2016, n’a pas du tout aidé Boris Johnson et son gouvernement, qui devait jongler entre sauver son pays de l’épidémie et assurer le retrait de son pays de l’UE. Le Royaume-Uni, ayant quitté la période de transition, a déjà trouvé un accord de commerce et de coopération, et doit encore parlementer sur de nombreux accords sur lesquels ils ne sont pas encore à l’unisson. Pour le moment, la situation ne fait que s’aggraver, mais peut-être que ce troisième confinement sera le bon, et que l’immense campagne de vaccination augmentera le nombre de patients guéris du Covid-19.