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Joseph Robinette Biden Jr. est devenu le 20 janvier dernier le président de 330 millions d’États-Uniens, sans exception. Fourgons blindés, garde nationale déployée aux quatre coins de Washington D.C, la cérémonie d’investiture du 46ème président des États-Unis s’est déroulée sous haute surveillance, dans l’objectif de protéger le peuple américain de lui-même. Si les voix mélodieuses de Lady Gaga ou Jennifer Lopez ont tenté de combler le vide laissé par les 200.000 drapeaux américains présents sur l’esplanade du National Mall, les discours de Kamala Harris et Joe Biden ont quant à eux exprimés un message fort d’unité nationale. Une unité qu’ils savent ô combien stratégique et indispensable à la survie du pays tant il s’est lentement fracturé au fil des années. Donald Trump, à qui il avait manqué quelques millions de voix pour remporter l’élection, n’a quant à lui surpris personne en refusant d’assister à la cérémonie d’investiture. Une première depuis 1869. La présence de son vice-président Mike Pence à la cérémonie a toutefois symbolisé la volonté d’une majorité du parti républicain de prendre ses distances avec l’ex-président depuis les assauts du Capitole.

Joe Biden a devant lui une Amérique meurtrie par quatre années de présidence trumpiste, mais pas seulement. Les tensions raciales ancrées depuis de longues décennies ont refait surface, et la pandémie de Coronavirus n’a rien arrangé. Depuis un an, 430.000 personnes ont perdu la vie à cause du virus qui profite de grands mouvements complotistes et anti-masques pour se répandre à travers le pays. Même s’il a signé quelques décrets qui tenterons de mettre en place un nouvel essai pour juguler la pandémie, Biden va devoir procéder à une refonte complète du système de santé américain. Aux États-Unis, se faire dépister du Covid-19 coûte en moyenne 153 euros, qui ne sont évidemment pas remboursés par une sécurité sociale inexistante. Certes, « l’Affordable Care Act » (Obamacare) avait concentré un certain nombre de mécaniques intéressantes mais un problème de fond demeure : les plus riches se rendent dans les cliniques privées pour se faire soigner pendant que les plus démunis vivent avec la maladie, faute de financements pour la soigner voire la détecter. L’ex-vice-président de l’administration Obama va donc multiplier les aides aux foyers les plus modestes, mais peut-on relever significativement le niveau de vie de 200 millions de personnes en quatre ans ?

Malgré la quantité d’affaires internes en attente, elles sont loin d’être les seules présentes sur le bureau du nouveau président. Les dossiers chinois, iranien et russe occupent une partie prépondérante de l’agenda de Joe Biden, qui doit maintenir une pression constante sur la Russie pour le respect du traité New Start, surveiller de près l’avancement des travaux nucléaires sur le territoire iranien, et tenter de brider les ambitions dévorantes chinoises qui pourraient nuire à la prospérité économique des États-Unis. Biden avait également promis des mesures fortes dès son premier jour d’exercice en tant que président, c’est chose faite. Le retour du pays de l’Oncle Sam dans l’OMS et l’Accord de Paris sur le Climat a été largement acclamé, malgré les années perdues par l’administration précédente. Le choix d’un gouvernement hétéroclite contraste également avec le gouvernement Trump, avec pour symbole la charismatique vice-présidente Kamala Harris. Si cette administration a des allures d’Obama 2.0, Joe Biden entend aller « plus vite et plus loin » que son prédécesseur, une prise de position qu’il aura bien du mal à mettre en œuvre tant la tâche est importante.