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Les Etats-Unis ont un nouveau président, l’ère Biden s’ouvre sur un chapitre qui tranche avec les décisions de l’administration Biden. Ce dernier a insisté sur un point lors de son investiture : ses premières décisions sont consacrées à l' »unité » et à la  « reconstruction ».

Les Etats-Unis ont donc tourné la page Trump. Jusqu’en janvier 2025, c’est bien Joe Biden qui sera aux manettes et dirigera la première puissance du monde. Le démocrate a été investi mercredi 20 janvier, lors d’une cérémonie très singulière, quasiment sans public, du fait de la crise de coronavirus. Le 46e président des Etats-Unis, privé de l’effervescence de la foule, a effectué un discours consensuel, sans immense émotion, mais avec un message fort : le pays s’engage dans une nouvelle ère « de réconciliation », d' »unité » et de « reconstruction ». Joe Biden a annoncé le retour des Etats-Unis au sein de l’OMS et a assuré que le diplomatie américaine allait retrouver ses fondamentaux et retrouver la « fiabilité » d’avant les années Trump.

Depuis le bureau ovale, à la Maison-Blanche, Joe Biden a signé ses premiers décrets présidentiels face à la presse, quelques heures après son investiture. « Certains décrets doivent être pris pour changer le cap. Il faut rebâtir certaines communautés, protéger nos citoyens. Nous commençons dès aujourd’hui. Je vais remplir les promesses faites au peuple. Tout d’abord, je vais signer un décret relatif au Covid-19, qui rend le port du masque obligatoire dans tous les lieux de l’état fédéral. Le deuxième décret concerne l’appui aux communautés défavorisées, notamment en ce qui concerne les soins de santé. Le troisième, c’est un engagement concernant le retour dans l’accord de Paris, acté dès aujourd’hui », a détaillé Joe Biden en joignant le geste à la parole.

La plupart des médias américains ont retransmis la cérémonie d’investiture de Joe Biden.

Voici les principales déclarations de Joe Biden :

  • « Nous avons découvert que notre démocratie était fragile, mais la démocratie a gagné ».
  • « L’histoire dépend de nous tous, nous, le peuple. Nous sommes une grande nation, de bonnes gens, nous avons encore beaucoup de choses à reconstruire, à réparer, à  soigner ».
  • « Nous allons restaurer l’âme de l’Amérique. Et pour cela, nous avons besoin d’unité ».
  • « Aujourd’hui, j’ai comme objectif d’unir tous les Américains. Nous devons nous unir contre l’inégalité, le désespoir, la violence. Nous allons surmonter les épreuves ».
  • « Nous devons être meilleurs, nous devons bannir la suspicion, croire dans les faits et la science »
  • « Aujourd’hui, nous avons investi la première femme vice-présidente des Etats-Unis ».
  • « Je vous le promets, je serai un président pour tous les Américains, je me battrai autant pour ceux qui m’ont défendu que pour ceux qui m’ont combattu ».
  • « Dans la vie, on ne sait jamais ce que le destin vous réserve. Un jour une main vous sera tendue, un autre jour, ce sera à vous de tendre cette main ».
  • « Nous entrons dans une phase critique de la pandémie. Nous allons sans doute souffrir, mais nous allons surmonter cette crise ».
  • « Le monde nous regarde aujourd’hui. Je lui dis que nous allons redevenir un exemple. Nous serons un partenaire de confiance pour la paix mondiale ».
  • « Mon premier acte de président sera de prier pour toutes les personnes disparues à cause du coronavirus ». « Nous allons écrire l’un des plus grands chapitres de l’histoire américaine, surmonter cette épreuve ».
  • « Je vous donne ma parole de défendre la Constitution, la démocratie, tous les Américains. Nous allons écrire une histoire ensemble, de dignité, de grandeur, d’espoir et de justice. Ces valeurs ne sont pas mortes. L’Amérique doit demeurer un phare pour le monde ».

Joe Biden a prononcé son grand discours d’intronisation devant une l’immense esplanade du National Mall sans public. Mais ce haut-lieu de la démocratie américaine n’était pas vide : elle avait été recouverte de 191 500 drapeaux américains. La foule habituellement regroupée au National Mall, immense esplanade située au pied du Capitole fermée depuis le 15 janvier, avait été priée d’assister à l’événement derrière la télévision. Pas question de transformer le premier jour de Joe Biden à la tête des Etats-Unis en cluster géant, mais surtout, pas question de voir les graves incidents du 6 janvier se répéter. Le pays est encore sous le choc de ces scènes à peine croyables de manifestants envahissant le Capitole, alors que le démocrate faisait l’objet d’un vote entérinant son statut de président-élu. Washington ressemble depuis ce jour-là à une ville sous couvre-feu permanent. En plus de la police, vingt mille soldats de la Garde nationale ont été dépêchés depuis les Etats voisins.

Le président américain Joe Biden prononce son discours d’investiture le 20 janvier 2021 au Capitole, à Washington, DC. Biden a prêté serment en tant que 46e président des États-Unis. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP

Malgré le contexte sécuritaire très singulier, l’Amérique reste l’Amérique et un show a bien eu lieu. Plusieurs artistes se sont produits devant le Capitole et notamment Lady Gaga, la « grande amie » de Joe Biden, choisie pour chanter l’hymne américain. Ont aussi participé à la cérémonie Jennifer Lopez et le groupe New Radicals.

Une semaine après son entrée à la Maison-Blanche, le président américain Joe Biden bénéficie d’une cote de popularité que n’a jamais atteinte son prédécesseur Donald Trump en quatre ans de mandat, selon un sondage publié mercredi.

Une popularité inégalée en début de mandat 

L’enquête de l’université Monmouth indique que Joe Biden draine 54 % d’opinions favorables, contre 30 % de mécontents et 16 % d’indécis, un taux « plus important qu’à n’importe quel moment du mandat de Donald Trump », selon ce sondage conduit entre le 21 et le 24 janvier sur 809 personnes interrogées.

Une enquête de l’institut Gallup peu avant l’investiture avait noté que le républicain quittait la Maison-Blanche avec seulement 34 % d’opinions favorables, un plus bas historique, après avoir démarré sa présidence avec 45 % de satisfaits et avoir atteint 49 % début 2020.

D’autres sondages indiquent que Joe Biden bénéficie d’une bonne popularité aux premiers jours de son mandat : 56 % pour Morning Consult, 63 % pour Hill-HarrisX.

Mais Monmouth, comme d’autres enquêtes, souligne que partisans et opposants du président sont profondément divisés en fonction de leurs opinions politiques. Il bénéficie d’un taux d’approbation de 90 % chez les démocrates, contre seulement 15 % des républicains et 47 % des indépendants.

« D’une manière générale, il semble y avoir plus de bienveillance pour M. Biden qu’il n’y en avait pour M. Trump, mais elle suit vraiment les lignes partisanes alors que plus de gens s’identifient actuellement comme démocrates que comme républicains », a expliqué le directeur de l’institut de sondage de l’Université, Patrick Murray.

Selon le site fivethirtyeight.com, Donald Trump a été le premier président à ne pas connaître de « lune de miel » avec les Américains au début de son mandat, avec une popularité moyenne de 41,4 % sur les six premiers mois au pouvoir, loin de Barack Obama (60 %) ou George W. Bush (53,9 %) sur leur première demi-année dans leurs fonctions.