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Sauver l’économie britannique d’une crise majeure ou plaire à son électorat conservateur ? Tel est le dilemme de Boris Johnson, qui doit sauver son pays d’une crise majeure, qu’elle soit sociale, économique ou sanitaire avec la pandémie de Covid-19. S’il est le plus influent à la chambre des communes depuis 2010, le Parti Conservateur dont étaient issus Churchill, Thatcher ou May, est en pleine crise de confiance avec son leader actuel. Si Johnson venait à privilégier un accord avec l’Union Européenne, le parti subirait un lourd revers et n’accéderait pas à la sacro-sainte souveraineté nationale qu’il convoite depuis maintenant une dizaine d’années. Boris Johnson avait déclaré en juin 2019, peu avant d’accéder au poste de premier ministre après le départ de Theresa May, qu’il y avait « une chance sur un million pour que le Royaume-Uni quitte l’Union européenne sans accord ». Il a pourtant réussi à trouver les 0,0001 % de chance qu’il écartait en évoquant le 10 décembre dernier la « très forte probabilité » pour que le Royaume-Uni échoue à boucler un traité de libre-échange dans les temps. Tout est une question d’arithmétique.

S’il reste une dizaine de jours au Premier Ministre britannique pour trancher sur le sort de son pays, un autre type d’urgence émerge autour du monde : l’urgence climatique. Trop massives pour ne pas être soumises aux aléas des courants politiques des différents États, les décisions pour préserver notre planète de notre existence se font attendre. Alors soit, Emmanuel Macron veut inscrire la défense du climat dans la Constitution, la Chine s’engage à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060 et Joe Biden promet de revenir dans l’Accord de Paris. Mais tous ces engagements a priori louables cachent une bien plus sombre vérité, celle de la surconsommation industrielle jamais pointée du doigt par les gouvernements, du manque de sanctions internationales contre un Jair Bolsonaro qui déforeste méthodiquement l’Amazonie et de l’Inde qui émet 7 fois plus de CO2 qu’un pays comme la France ; le tout causant plus de 5,5 millions de décès par an selon la Banque mondiale.

Mais la préservation de notre environnement ne passe pas uniquement par les grands décrets internationaux ou les sanctions massives contre les pays pollueurs. Elle se déroule également dans nos foyers, dans notre consommation quotidienne. Avant d’être vendu en Europe, un smartphone fait en moyenne 4 fois le tour du monde. Un bilan carbone extrêmement important, sans compter le lourd bilan humain que provoque l’extraction de lithium ou de coltan. Dans une étude pour franceinfo, le cabinet d’experts GreenIT estime que le numérique mondial consomme 5 fois plus de ressources naturelles que le parc automobile français. Une consommation invisible au travers de nos écrans qui pose la question d’un possible frein imposé à la création de nos données, frein qui émanerait d’une autorité étatique qui endosserait alors le rôle de régulateur des contenus internet, ce qu’avaient tenté les États-Unis à plusieurs reprises. Mais encore faudrait-il qu’un consensus mondial émerge autour de « la problématique du siècle » qui peine à être reconnue en tant que telle.