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C’est ce que déclarait déjà en 2018 Xi Jinping, président de la république populaire de Chine, à propos des multiples projets de son gouvernement pour renforcer l’influence chinoise dans le monde, et particulièrement dans la région Indo-Pacifique. Si elle se permet parfois de hausser le ton de manière ostensible pour intimider les peuples taïwanais ou hongkongais, Pékin favorise un travail de fond pour accroître son action à l’international. Ses investissements massifs sur le continent africain ou dans la zone du Pacifique Sud font partie d’un plan massif de séduction visant à asseoir l’influence chinoise dans des zones jusqu’ici délaissées par ses concurrents occidentaux. Mais aussi stable économiquement que puisse être la Chine depuis une cinquantaine d’années, elle n’a pas pu échapper au répercussions économiques et sociales mondiales de la pandémie de Covid-19.

Alors que les données fournies par le gouvernement chinois font état de seulement 4600 morts liées au coronavirus, nombre de spécialistes s’accordent sur le fait que la Chine ait une communication opaque quant à la quantité réelle de décès causés par la Covid-19. Des bars, discothèques et restaurants ont même réouvert dans tout le pays, comme si la crise sanitaire était déjà de l’histoire ancienne. Sur un tout autre modèle, la Corée du Nord a, elle, décidé de verrouiller toutes ses frontières et d’appliquer des restrictions sanitaires strictes car Pyongyang sait qu’elle a beaucoup à perdre. Dans un pays où environ 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, une crise sanitaire serait dévastatrice. Mais heureusement, le bien-aimé dirigeant suprême Kim Jong-Un a pour seul objectif l’essor de son pays, c’est pourquoi il s’est fait inoculer un vaccin chinois. On imagine aisément qu’il s’est désigné comme cobaye pour donner aux Nord-Coréens l’espoir de se faire vacciner un jour alors que le monde entier est en quête d’un vaccin efficace.

De son côté, la Chine se distingue également par sa considération des Droits de l’Homme. Le scandale provoqué par le traitement inhumain d’un million de Ouïghours dans la région du Xinjiang devrait provoquer une procédure de sanction européenne, comme l’a souhaité Emmanuel Macron ce jeudi. Peuple turcophone musulman, de nombreux musulmans attendaient du président turc Erdogan une forte réaction, et pourtant il est resté silencieux. Peut-être à cause de la violente crise qui secoue la Turquie depuis plusieurs années et qui a été aggravée par la pandémie de Covid-19. La livre turque est en chute libre, alors pour redresser le pays, il n’y a que peu d’alternatives aux investissements étrangers massifs, et en particulier chinois. Erdogan ne peut donc pas condamner fermement un « génocide » selon ses mots en 2009, et recevoir des fonds chinois.

Reste à voir si la Chine se sentira menacée par la simple condamnation du président français, le silence assourdissant de la Turquie, les trop rares articles traitant du sujet et les publications du député européen Raphaël Glucksmann sur Instagram.