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Si le futur s’inspire du présent, où se situe l’avenir européen ? Amoché par les débâcles sanitaires, économiques et sécuritaire, le vieux continent peine de plus en plus à prouver sa viabilité sur le long terme. La crise de la Covid-19 a creusé les plaies déjà présentes depuis un long moment, sans pour autant que l’Europe puisse les panser durablement. L’endettement massif du vieux continent aboutira inéluctablement à un appauvrissement massif des classes les plus défavorisées, même si des promesses de croissance importante et de non-remboursement de la dette sont agités comme des espoirs malheureusement inaccessibles. Mais au-delà de la dette Covid qui deviendra un soucis majeur dans peu de temps, d’autres urgences ont émergé. Les mouvements nationalistes progressent dans la plupart des états-membres, tous pour un repli souverain de chaque nation sur elle-même, quitte à s’affranchir des aides apportées par l’Union Européenne et de l’Euro. Mais si la Covid a eu un avantage, c’est qu’elle a su mettre les principaux dirigeants européens face à leurs responsabilités. La gestion des approvisionnements de vaccins est devenue l’un des principaux vecteurs de l’action européenne, avec 2,2 milliards de doses précommandées auprès des principaux laboratoires mondiaux. Si la population des pays membres de l’Union Européenne s’élève à plus de 450 millions de personnes, pourquoi a-t-on commandé 2 fois plus de doses que nécessaire ? A cette question, la commission Européenne dit agir au nom de la prudence. Les récents débats et interdictions du vaccin AstraZeneca ont incité l’Europe à commander un large surplus de doses de vaccin, quitte à revendre l’excédent aux autres continents. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : les continents africains se heurtent aux mastodontes économiques que sont l’Europe et les Etats-Unis qui monopolisent le marché saturé des vaccins, mais aussi des super-congélateurs nécessaires à la conservation de certaines doses. Même si l’initiative Covax permet à quelques pays de bénéficier de quantités minimes de doses, la plupart des états africains doivent une fois de plus se passer de moyens médicaux massifs. Comme toujours, la santé mondiale est soumise aux dures lois de la finance, trustée par l’Europe, l’Amérique du Nord mais aussi la Chine, qui offre des centaines de milliers de doses de son vaccin développé par le laboratoire Sinovac. Le Gabon comme la Guinée équatoriale ont pu bénéficier de 100 000 doses chacune, lançant ainsi une campagne massive de vaccination qui concurrence les remèdes traditionnels d’ordinaire préférés par une majorité de pays africains. La problématique de la dépendance africaine aux investissements chinois se pose de nouveau, questionnant les intentions réelles de la Chine en matière de santé. Il paraît évident que ces vaccins offerts ne forment pas un cadeau désintéressé, mais le Gabon ou la Guinée équatoriale sont face à un dilemme : préserver l’intégrité financière du pays ou agir pour la santé d’un peuple dont l’espérance de vie ne dépasse pas 65 ans, qui a donc moins de risque de développer des formes grave de la Covid-19.